On n’est jamais trop vieux pour apprendre à skier

Apprendre à tomber. Ecrit par Ashley Pettit

Je n’étais jamais détendue quand je skiais, mais j’étais dans l’instant, en contrôle, toujours à penser à mon prochain virage, à planter mes bâtons et à la position de mon corps. Je réfléchissais toujours, en essayant de garder mon rythme, de garder le timing ; planté de bâton, sauter, tomber, tourner en douceur, plier les genoux, rester droit, sentir la vitesse, le rush, ok, où est mon prochain virage ? Planté de bâton, sauter, tomber, tourner en douceur, rester droit, garder les genoux légèrement fléchis, maintenir la vitesse et répéter. Quand vous avez le rythme et que tout est connecté, que tout est fluide, c’est incroyable. Mon planté de bâton était était tel une baguette de chef d’orchestre, contrôlant le rythme et le tempo de la musique. BOOM, planté de bâton, tourner, se maintenir ; BOOM, planté de bâton, tourner, se maintenir. BOOM, BOOM, BOOM, en rythme tout le long de la piste. 3 petits virages pour me réaligner, je regarde en bas de la piste,  BOOM BOOM BOOM. 3 grands virages puissants et fluides, BOOM, carve, on se maintient, on garde la vitesse. BOOM, carve, on se maintient, se penche, BOOM, carve, on se maintient, se penche un peu plus. Encore et encore, avec et tout ça avec un sourire béat.

Ok, ok, revenons en arrière, revenons au début, avant tout cela, quand il y avait BEAUCOUP de CHUTES, vraiment beaucoup de chutes, et BEAUCOUP de FRUSTRATION pour toujours PLUS DE CHUTES. Et encore plus de temps passé à monter et descendre les pistes pour débutants. Sans parler de tous les jurons… Mon casque en a entendu des vertes, mais surtout des pas mûres.

Lorsque vous apprenez à skier (ou à faire du snow), vous devez accepter certaines choses à propos des chutes. 1. Vous allez tomber, BEAUCOUP. Et c’est une partie importante de vos progrès. 2. Vous devez embrasser la « Chute ». Dans ce moment quand vous placez vos skis sur les pentes les plus raides, vous devez vous engager à tomber, ou bien à « Chuter ». La « Chute » initiale éveille tous les sens. Au début, elle n’était que tension et concentration. Quand je me suis amélioré et que j’ai pris confiance en moi, la « Chute » n’est devenue qu’exaltation, excitation et joie.

Cet hiver, c’était la première fois que je skiais. La première fois que je voyais de la vraie neige. La première fois que je voyais de si grandes montagnes couvertes de neige. La première fois que je découvrais une température en dessous de zéro. C’était la première fois que je prenais un télésiège. (Et je nie d’être tombé d’un télésiège pour quatre personnes). C’était aussi la première fois que j’appréciais le plaisir des après-ski.

Ce fut une saison chargée en premières fois pour moi.

Avec mes 40 ans bien entamés, on peut dire que j’ai découvert le ski sur le tard. Principalement à cause de l’endroit où j’ai vécu, et puis j’ai toujours eu d’autres passions sportives pour m’occuper pendant les mois d’hiver. J’ai été un cycliste passionné pendant la majeure partie de ma vie.

Je savais que j’aimerais bien skier, mais il fallait d’abord que je surmonte cette partie maladroite et frustrante qu’est l’apprentissage de quelque chose de nouveau. Les premiers jours et les premières semaines, je n’ai pas vraiment aimé skier. Je ne prenais pas de plaisir à sortir pour passer la plupart de ce temps sur mes fesses. Mais je savais que si je persistais et passais cette étape difficile, j’apprécierais et adopterais le ski comme tous mes amis.

J’ai dû apprendre à tout faire à partir de zéro. Cela peut sembler basique, mais j’ai dû apprendre des choses comme, comment porter mes skis, comment mettre mes bottes, comment marcher avec les bottes, quoi porter quand la température chute. Quel type de verre voulais-je dans les lunettes de protection ? Comment attraper le télésiège, comment descendre du télésiège ? Est-ce que je porte mes chaussettes sur ou sous mes collants ?

Pendant la saison, « YouTube » est devenu une ressource importante pour moi. J’ai regardé des tas de vidéos de débutants sur le ski. J’ai cherché « comment se relever quand on tombe », « comment chausser ses chaussures de ski ? », « comment tourner ? », « comment tourner en parallèle ? », « comment pivoter ? », « comment skier sur des bosses ? », « comment affûter ses skis ? ». Tous les clips « Comment… ? » que je pouvais trouver, je les regardais et je m’entraînais sur les pistes.

J’ai aussi passé beaucoup de temps à observer les instructeurs. Si je devais m’inspirer de n’importe qui, un moniteur de ski devrait être un bon point de départ. J’ai regardé leur style. La plupart d’entre eux étaient super élégants et ont quelque chose de fascinant, une belle allure et de la facilité sur les pentes. Certains des instructeurs sont de vrais athlètes. Quand j’étais dans les télésièges, je me penchais et je regardais les instructeurs. J’essayais de trouver les combinaisons rouges qu’ils portaient tous. J’ai aussi regardé comment ils plaçaient leurs bâtons. 

Je dois avouer au début de mon processus d’apprentissage, je détestais mes bâtons. Je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire avec eux, et ils sont devenus une nuisance lorsque je progressais sur la pente débutant et que je me préparais à monter sur les pentes bleues. Mon premier instructeur m’a pris mes bâtons au départ. J’étais comme un jeune enfant qui apprend à skier, ils n’utilisent pas de bâtons du tout. Je ne les ai pas utilisés pendant des semaines.

Puis un ami moniteur de ski m’a vu sur la piste pour débutants et m’a dit qu’il était temps que je commence à utiliser mes bâtons. Il a aussi dit qu’il était temps que je progresse sur les pentes les plus dures et que je monte sur les pistes bleues. Mais je reviendrai à mon obsession pour les bâtons de ski et le planté de bâton.

Le chasse-neige.

J’ai passé environ 3 à 4 semaines frustrantes, à monter et descendre, toute la journée, tous les jours, sur les pistes pour débutants. La piste de Colomba est devenue mon terrain d’essai. Je pratiquerais les bases sur cette pente. Je me fichais que tous les enfants de 5 ans skient mieux que moi. Ça me frustrait  quand même quand ils me dépassaient après que j’ai chuté pour la troisième fois de suite. Ou quand un groupe d’enfants riaient tous en faisant du ski parallèle devant moi, alors que je me penchais, mains sur les genoux, en essayant de tourner vers la gauche. En tant qu’adulte, lorsque vous regardez les enfants passer devant vous, beaucoup plus rapidement et avec plus de style et de confiance, votre égo prend un coup de poing aux tripes.

J’ai eu 3 leçons privées pendant mes 10 premiers jours de ski. La première leçon repose vraiment sur apprendre à s’arrêter. Le chasse-neige. Il s’agit aussi d’apprendre à tourner. Pousser sur la jambe gauche pour tourner à droite et pousser à droite pour tourner à gauche. Oh, et ne pas se pencher en arrière, et essayer de regarder vers l’avant et non vers mes skis.  Je pense que c’est un point clé pour apprendre à skier. J’ai passé les premiers jours à monter et descendre la Colomba avec les mains sur les genoux.

La deuxième leçon, j’étais un peu mieux, mais j’avais du mal à tourner à gauche. Du coup, mon instructeur a fait toutes les descentes sur la gauche. Elle m’a fait soulever chaque ski pendant la glisse, je soulevais à chaque fois le ski intérieur. J’ai vite compris pourquoi elle m’a fait répéter ça. J’ai commencé à mettre plus de pression sur mon ski extérieur au fur et à mesure que je tournais et j’enlevais la pression sur ma jambe intérieure. 

La troisième leçon, je tournais mieux à gauche et commençais à tourner parallèlement. Eh bien, en ligne droite, mes skis étaient plus parallèles. Le fait de soulever le ski intérieur a aidé. En fait, vous ne soulevez pas vraiment le ski intérieur dans un virage, mais vous placez moins de poids dessus.

Puis on m’a montré comment arrêter rapidement tout en tournant en parallèle. A partir de ce point, le niveau de plaisir a augmenté, de même que le progrès et la vitesse. J’ai commencé à mieux prendre les virages, je faisais en quelque sorte du ski parallèle, j’étais plus droit et je me penchais davantage vers l’avant, j’ai aussi compris où se trouvait le point de virage sur le ski. J’ai compris que tout était plus facile une fois que j’ai commencé à me pencher en avant.

Je regardais toujours ce que faisaient les différents instructeurs, et même ce qu’ils portaient. J’essayais toujours de gratter quelques astuces de leur part. J’essayais de modéliser ce qu’ils faisaient. Un petit truc que j’ai appris de mon instructeur Cédric était la façon dont il s’asseyait sur ses bâtons de ski dans les télésièges, laissant ses mains libres. Il glissait ses deux bâtons sous sa jambe et s’asseyait dessus, s’assurant qu’ils ne tomberaient pas et libérant ses mains. C’est ce que je ferai pour le reste de la saison.

Il y a trois façons différentes de descendre en bas des pistes de Colomba. Chacune est un peu plus difficile ou plus raide. Avec ma confiance grandissante, je me suis fixé un objectif. Le but : je savais que si je pouvais descendre la section la plus raide au pied de cette piste, je pouvais progresser vers les pentes les plus dures, les pistes bleues. En m’approchant de cette petite section, mon propre petit test mental, j’ai rechigné quelques fois et pour finir par prendre la voie facile. Finalement, je me suis tenu sur le bord de la piste, j’ai mis mes pointes de ski sur le bord et je me suis engagé. Je me suis engagé dans la Chute. 

Après 5 ou 6 virages en zig-zag ou en Z, je suis arrivé en bas et m’en suis tapé cinq tout seul. J’étais ravi. Je savais que si je pouvais me mettre à l’aise sur cette petite section raide, je pourrais faire les pistes bleues. 

Il y avait un téléski juste à côté de cette section. Ceux où vous placez le siège entre vos jambes et il vous tire vers le haut de la pente. Les instructeurs emmenaient les enfants ici et là. Donc, chaque après-midi, je montais et descendais simplement cette section pour m’entraîner et gagner en confiance. Je passais 30 minutes par jour ici, à monter et descendre. Je devenais de plus en plus confiant dans ma capacité à bien m’arrêter. Plusieurs fois je suis tombé, et chaque fois j’essayais d’examiner ce que j’avais fait pour tomber. Qu’est-ce que je ne devrais pas refaire ?

Puis il était temps de prendre la grande remontée mécanique jusqu’au sommet des montagnes.

Ce moment où les étoiles s’alignent.

Lors de ma première piste bleue, je n’ai pas réussi à descendre la première partie sans tomber. À un moment donné, je me suis écrasé et mes skis se sont dé-clipsés. Il m’a fallu environ 10 minutes pour remettre mes bottes dans les fixations. J’ai finalement réussi à descendre et j’ai recommencé, y compris en tombant plusieurs fois.

Je me fichais qu’il m’ait fallu autant de temps pour remettre mes skis, j’ai vu ça comme une expérience pour apprendre. J’ai traité chaque chute comme une occasion d’apprendre. Il faudrait que je sache comment remettre mes skis dans des conditions plus raides et plus difficiles à l’avenir. Mettre mes skis de l’autre côté de la ligne de chute, comment entrer dans les skis sans tomber. Toutes les bases.

Mes virages étaient comme un Z géant, pas très lisse. J’étais en quelque sorte en train de m’arrêter et de tourner. Mais c’était un début. Je m’en tiendrai à cette pente pendant quelques semaines.

Je n’utilisais toujours pas vraiment mes bâtons, ils étaient juste accrochés à mes côtés, et ils se sont rajoutés après que j’ai pris une autre leçon avec un instructeur.

J’ai progressé vers les pistes bleues en février et pendant ce temps, la météo n’était pas très bonne. Il n’y avait pas beaucoup de jours ensoleillés et bleus. En fait, je pense qu’il n’y en a pas eu un seul. Il y avait surtout des nuages, du brouillard, de la neige et de la pluie. Mais je m’en fichais. Plus le temps est mauvais, moins il y a de gens sur les pistes.

J’étais toujours le premier à courir après la piste fraîchement entretenue. C’est aussi le meilleur moment de la journée, car il n’y a généralement personne sur la piste. En général, je pouvais passer une heure sur les pistes seul ou avec très peu de personnes. Je ne me souciais pas de la météo, mais seulement de m’améliorer. Si je ne pouvais pas voir à cause des nuages bas, j’utilisais ce temps pour pratiquer ma technique. Si je devais aller lentement pour voir, j’essayais de m’assurer que mes virages étaient lisses et en forme de S. Je m’entraînais sur des sections plus raides et je m’entraînais simplement en traversant ou en glissant et en faisant des bordures sur les pentes. Je pratiquais mes plantés de bâton. Le temps passé sur les skis était meilleur que de s’asseoir à l’intérieur.

Si je sortais l’après-midi, quand les pistes étaient toutes accidentées et bosselées, j’utilisais ce temps pour pratiquer le ski et les virages dans ces conditions difficiles. Si je pouvais skier et tourner et rester en contrôle ainsi qu’en équilibre dans ces conditions, je savais que cela m’aiderait à être un meilleur skieur.

Avec l’amélioration de mon niveau, j’ai pensé qu’il était temps que je trouve comment utiliser mes bâtons. Je savais qu’il y avait un meilleur usage pour eux que de simplement frapper les touristes dans les lignes de télésiège.

C’est alors que j’ai commencé à chercher des clips YouTube sur « comment planter ses bâtons », « comment utiliser vos bâtons pour amorcer vos virages… ». Je regardais les moniteurs et les autres skieurs planter des bâtons de ski. Il était difficile de trouver des gens qui avaient l’air d’avoir un bon planté. La plupart des gens que j’ai observés sur les pentes avaient des plantés de bâton vraiment inutiles et ce qui ressemblait à des techniques bizarres avec de drôles de formes de poignets et de bras. Je ne ferais que regarder les moniteurs de ski à partir de ce moment-là. J’essayais de trouver les instructeurs qui avaient un bon rythme et un bon style, qui étaient connectés et chez qui tout avait l’air souple et fluide.  

J’ai aussi pris une leçon avec Max, mon premier instructeur, pour me montrer comment et POURQUOI j’avais besoin de planter mes bâtons. Je dois avouer que lorsque j’ai appris à skier au départ, je ne comprenais pas pourquoi vous aviez besoin des bâtons. Je n’aimais pas les utiliser. La première chose qu’il m’a dite, et quelque chose qui a fait une énorme différence pour moi, il m’a dit de raccourcir les bâtons. J’ai immédiatement senti et vu la différence. Le bâton plus court m’a fait me pencher davantage vers l’avant en descendant de la montagne. Cela a facilité les virages. Max m’a appris à placer mes bâtons devant moi, à descendre la piste et à skier autour des bâtons. 

La pratique avait commencé à porter ses fruits, un jour où j’étais seul sur la piste, j’ai réussi ma première course à grande vitesse. Je me souviens avoir poussé contre les chaussures, en me penchant fortement sur les skis, et comme j’avais la piste pour moi seul, je prenais de beaux virages larges, j’ai utilisé toute la largeur de la piste. C’était une sensation que je n’avais jamais ressentie auparavant, une joie pure et simple. Sous mon casque, mes lunettes de protection et ma nuque, mon sourire disait tout, grand comme une banane. Je m’en suis encore tapé cinq en arrivant. Je me suis senti à fond et je me suis rapidement dirigé vers les remontées pour essayer de tout recommencer avant l’heure de pointe de 10 heures. C’est ce jour-là que j’ai commencé à apprécier et à aimer le ski.

En février et mars, j’ai eu quelques moments comme celui-ci. Je me posais alors de petits défis pour me repousser mes limites et tester mes progrès. Par exemple, au-dessus du restaurant Fema, il y a une petite section raide, vous pouvez soit faire cette piste, soit faire le tour des sections faciles pour retourner aux remontées.

Tout comme la partie inférieure de la Colomba, j’ai hésité quelques temps avant de me jeter à plein poumon dans la Chute. Quelques fois, je me tenais sur le bord en regardant à quel point la pente était raide, puis je finissais par skier à droite et à gauche dans les parties les plus simples.

Encore une fois, je savais que si je voulais skier dans d’autres parties de la station et progresser vers des pistes plus difficiles, je devrais accepter la Chute et m’engager à descendre. Certains des moniteurs de ski que je connais me voyaient sur les pistes et me disaient généralement de me détendre. Je ne pouvais pas me détendre. J’avais l’habitude de skier avec une mentalité agressive ou compétitive. J’attaquais la piste. Même quand je me sentais à l’aise et que je me savais fluide, souple et connecté. Je n’étais jamais détendu, mais j’étais dans l’instant, en contrôle, toujours à penser à mon prochain virage, à mon planté de bâton, à ma position. J’étais toujours en train de réfléchir, à essayer de garder mon rythme, mon timing. Planté de bâton, sauter, retomber, tourner en douceur, plier les genoux, tenir la trajectoire, sentir la vitesse, le rush ; OK, où est mon prochain virage ? Planté de bâton, sauter, retomber, tourner en douceur, tenir la trajectoire, garder les genoux légèrement fléchis, maintenir la vitesse, répéter. Quand vous avez le rythme et que tout est connecté, fluide, c’est incroyable. Mon planté de bâton était était tel une baguette de chef d’orchestre, contrôlant le rythme et le tempo de la musique. BOOM, planté de bâton, tourner, se maintenir ; BOOM, planté de bâton, tourner, se maintenir. BOOM, BOOM, BOOM, en rythme tout le long de la piste.

En tant que débutant en plein apprentissage, j’étais conscient de ce que je ne savais pas, de ce que j’avais appris, et de ce que j’apprenais. J’ai donc dû me concentrer et penser à tout ce que je faisais. La plupart des moniteurs et des personnes qui ont skié toute leur vie n’avaient pas vraiment besoin de réfléchir, ils sont « inconsciemment compétents », ils n’avaient pas besoin de penser à ce qu’ils font. Ils étaient détendus. Tout ce qu’ils font semble naturel. Comme la conduite d’une voiture, après tant d’années, vous n’avez pas vraiment à penser à ce que vous faites. Alors pour mes amis moniteurs de ski, ne me dites pas de me détendre. Cela n’arrivera pas avant que j’arrête de penser et que le mouvement devienne plus naturel. Je pense encore à tout ce que je fais, à chaque mouvement.

Je suis resté sur les pistes bleues encore quelques semaines, jusqu’à ce qu’un ami arrive pour la saison. C’était un snowboarder, et il connaissait intimement la station. Il connaissait toutes les pistes et comment se rendre d’un télésiège ici et là. J’étais encore en train d’apprendre tout ça. Il s’attendait à ce que je sois toujours en « CHASSE-NEIGE » mais quand il a vu que je tournais en parallèle et que je pouvais faire quelques virages, il m’a immédiatement poussé vers les pistes rouges. Nous avons passé la matinée à descendre quelques pistes rouges différentes. Je zig-zaguais sur les pistes. Je n’étais pas fluide et je n’avais toujours pas la forme en S, mais j’avais le contrôle, et j’avais la confiance nécessaire pour descendre, mais à mon propre rythme. Mon ami était génial, il attendait à chaque tournant pour s’assurer que j’allais bien et il m’a encouragé tout le long du chemin. Je me sentais plutôt bien de savoir que je l’avais impressionné par mes progrès, car je sais qu’il avait déjà fait quelques commentaires disant qu’il ne s’attendait pas à ce que je sois un bon skieur.

Plus, plus, toujours plus

Au fur et à mesure que la saison avançait et que je progressais, je voulais skier de plus en plus. Peu importe les conditions, à moins qu’elles ne soient vraiment mauvaises, j’étais le premier à prendre la remontée jusqu’au sommet. Je regardais les bulletins météo et quand il y avait de la neige fraîche, je savais que les pistes seraient superbes. La première heure était toujours la meilleure, être le premier sur la piste damée est simplement génial.

Après que mon ami m’ait montré toutes les différentes descentes, j’ai gagné en confiance. Au début de la saison, j’ai apprécié la piste d’Arcelle. J’ai aussi apprécié la piste rouge du Solert. Je préférerais aller à gauche, il y avait toujours moins de gens dessus. C’était assez large pour que vous puissiez vraiment faire de beaux virages.

Ma piste préférée était le Met, pas la noire mais la rouge. Je pouvais la faire, mais elle était toujours trop courte et un peu battue. Je ne l’ai jamais fait en premier quand elle était encore bien damée. Je préférais aller à droite, dans la grande piste rouge. J’ai adoré, elle était rapide, large et excitante. La deuxième moitié du Met à l’entrée du télésiège Solert a été excellente, puis vous descendez à gauche le long de la pente après le télésiège et revenez à Fema. C’était ma piste préférée dans la station, je pouvais vraiment tenir ma vitesse et tout déchirer sur la piste.

Il y a eu beaucoup de jours où je naviguais avec brio sur le Met, j’étais fluide, j’enchaînais les longs virages. J’étais très rapide, dans le moment présent. Je regardais vers l’avenir, pensant à mon prochain virage et à mon planté de bâton. BOOM, BOOM, BOOM. Je pense que le planté de bâton est devenu un véritable point d’attention pour moi. Max, un de mes instructeurs va probablement se moquer de moi. Il pouvait skier sans effort et me disait toujours de me détendre quand il me voyait sur les pistes. Mais ses arguments sur le planté de bâton restent à ce jour dans ma tête. Max, ce petit malin, il skiait à reculons le long de l’Arcelle en même temps de m’apprendre le planté de bâton. Il pouvait skier plus vite en arrière que la plupart des gens en avant. Il pourrait probablement faire saltos arrières ici et là s’il le voulait. Quoi qu’il en soit, je me souviens de ce qu’il m’a dit sur le planté de bâton, et comment skier avec.

J’ai aussi beaucoup skié du côté de la station Mont Cenis, toutes les pistes bleues sont superbes et j’ai adoré que la rouge rejoignant la Rama. Je l’ai fait au début de la saison. Il y a de très belles et larges sections, vous pouvez vraiment faire de superbes virages.

Je ne suis pas allé à Termignon cette saison. Tout le monde m’a dit que le ski est fantastique et que les vues sont impressionnantes aussi. Cependant, comme la majeure partie de la saison a été couverte et nuageuse, je n’y suis pas allé. La saison prochaine.

Cet hiver, je suis tombé beaucoup, mais mon bon ami et instructeur n’arrêtait pas de me dire : « tu t’écrases, tu apprends ». Je me suis beaucoup écrasé cet hiver. Genre… vraiment beaucoup. Parfois je ne savais pas ce que je faisais de mal, parfois je m’écrasais parce que mes jambes étaient fatiguées. Je suis tombé en montant et descendant des télésièges. Je suis tombé sur les pistes pour débutants, même à la fin de la saison, alors que je pouvais skier partout. Je suis tombé en allant lentement et en allant vite. Il dit : « tu t’écrases, tu apprends ». Et pour apprendre, il m’a aussi dit que je devais réfléchir aux raisons de ma chute. Qu’est-ce que j’ai fait, qu’est-ce que j’avais besoin de corriger ?

Je me suis écrasé et j’ai appris. J’ai appris que j’adore le ski et j’espère m’écraser encore plus la saison prochaine, en essayant d’élever mon niveau et en apprenant à skier hors-piste, à faire du ski de randonnée et du ski nordique.

Merci à Max, Pauline et Cédric de l’école de ski ESF de Val Cenis pour vos cours. Pauline, je peux tourner à gauche maintenant.